Et Comment Lutter pour Votre Liberté
Quel est le point commun entre le communisme, le socialisme, le fascisme et le nazisme ? Le collectivisme planificateur.
L’Allemagne fut le berceau intellectuel du marxisme. Ses penseurs ont largement contribué à diffuser les idées socialistes avant de s’égarer dans le nazisme. Ces doctrines, bien que différentes dans leurs valeurs et leur morale, partagent une même architecture : elles placent l’État et sa puissance au centre de tout. Le nazisme n’est pas né d’un excès de capitalisme, mais d’un glissement intellectuel vers le collectivisme : un État fort, une économie dirigée, la planification, et la suppression des libertés individuelles au nom du “bien commun”. La seule différence tient à la finalité morale : le socialiste agit pour la classe, le fasciste pour la nation ou la race. Mais le moteur reste le même — la planification collective.
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Marx a conceptualisé la lutte des classes et posé les bases du collectivisme. Ses héritiers, comme Werner Sombart, ont adapté ces idées, transformant la pensée marxiste en un système d’État pour l’Allemagne. Sombart, marxiste convaincu, voyait dans la planification économique le moteur du progrès allemand. Séduit par l’idée d’une identité nationale forte, il participa à la naissance du national-socialisme, c’est-à-dire à la fusion du collectivisme marxiste avec le nationalisme allemand.
De Staline à Mussolini, d’Hitler à Mao, tous ont appliqué la même recette en ajustant les ingrédients selon leurs valeurs. Tous ont glorifié l’État. Tous ont sacrifié l’individu au profit du collectif.
Mussolini disait : “Tout dans l’État, rien contre l’État, rien hors de l’État.”, Staline : “L’homme n’est rien, la collectivité est tout.”, et Hitler : “L’État n’a pas à protéger l’individu, mais l’espèce.”.
Ces phrases résument un même culte : celui de l’État suprême. Tous se disent anticapitalistes, mais finissent par tolérer un capitalisme partiel, contrôlé, utile à leurs plans, mais solidement encadré par l’état. Marx lui-même voyait dans le capitalisme le marchepied du socialisme, un outil transitoire vers la société collectiviste.
Sur le papier, le socialisme et le fascisme paraissent opposés. Les uns défendent le peuple, l’égalité et le progrès social ; les autres, l’ordre, la hiérarchie et la nation. Mais dans les faits, tous pratiquent une économie dirigée, un État fort et interventionniste, au détriment des libertés individuelles.
Selon Hayek, le passage du socialisme au fascisme est aisé : le cadre collectiviste est déjà là, il suffit d’en changer la morale. Le socialisme crée une société habituée à la planification, ce qui en fait un terrain fertile pour le fascisme. Quand la société bascule, les collectivistes changent simplement de drapeau, pas de méthode.
En 1928 l’état allemand contrôlait 53% du PIB. Les autorités contrôlait presque toutes les activités économiques de la nation. Comme l’État dirigeait ou influençait presque toutes les activités économiques, cela voulait dire que presque tous les objectifs personnels des individus dépendaient des décisions de l’État. Conséquence, Si l’État contrôle presque tout, alors il doit forcément décider ce qui est important ou non pour presque toutes les vies individuelles. Autrement dit, l’État finit par déterminer l’échelle des valeurs et donc ce qui “vaut la peine” d’être fait dans la société, parce que les objectifs personnels des gens ne peuvent être atteints sans son intervention. Cette présence très étendue de l’État dans l’économie signifiait que de nombreuses décisions individuelles dépendaient déjà de l’appareil étatique. Cela ne suffit pas à expliquer l’arrivée du fascisme, mais cela a pu fournir un cadre institutionnel dans lequel un régime totalitaire comme le nazisme a trouvé plus facilement les moyens d’imposer son contrôle.
Aujourd’hui encore, la gauche a muté : elle ne défend plus réellement la classe ouvrière mais plutôt les minorités. Pourtant, les moyens restent les mêmes — État fort, interventionnisme, planification. De l’autre côté, l’extrême droite récupère les déçus de cette gauche, nostalgiques d’un État protecteur centré sur la nation. Deux faces d’une même médaille : le collectivisme planificateur.
Le planisme est une logique d’ingénierie sociale, malléable et amorale. Peu importe le collectif : classe, race, nation, ou minorité. Ce qui compte, c’est le pouvoir de planifier, de diriger, de contraindre. Le planisme se fiche de la finalité morale : il fonctionne aussi bien pour “répartir les richesses selon la classe” que “préserver la pureté nationale”.
Le moteur du collectivisme planificateur repose sur une notion vague et mal définie : celle d’un “but social”, autrement dit le bien commun ou le bien-être collectif. Mais le bien de qui, et en commun avec qui ? Comment déterminer ce qui est “bien” ou même ce qui est “moral” pour l’ensemble d’une société ? Autant de questions que le planisme laisse sans réponse, mais que le planificateur s’arroge pourtant le droit de trancher comme s’il pilotait une machine. Or le bien-être d’une personne dépend d’une infinité de facteurs, et chacun l’évalue différemment. Les valeurs qui soutiennent ce bien-être sont souvent incompatibles d’un individu à l’autre, ce qui rend illusoire l’idée d’un objectif unique valable pour tous. La liberté individuelle permet justement à chacun de suivre sa propre voie selon ce qu’il estime bon pour lui, sans se soumettre à une vision autoritaire du bien.
C’est pourquoi le bien commun, souvent présenté comme la boussole d’un projet de société, devient un terrain dangereux dès lors qu’on tente de le définir de manière globale. Son ambiguïté ouvre la porte à ceux qui s’en emparent, décident de ce qu’il signifie et imposent ensuite leur interprétation au reste de la population. Peu à peu, ce bien commun capturé sert de justification à des mesures coercitives, puis toute opposition est perçue comme une menace pour l’objectif collectif. C’est ainsi qu’un idéal abstrait s’endurcit et glisse vers le totalitarisme, comme on l’a vu lorsque le “bien de la classe” ou le “bien de la race” est devenu prétexte à l’exploitation des individus. Le véritable bien commun devrait au contraire émerger de la somme des bien-être individuels, résultat naturel de la liberté de chacun plutôt qu’un idéal imposé d’en haut par une planification centralisée.
Malheureusement le collectivisme planificateur mène toujours au même endroit : le clientélisme. Quand l’État devient le distributeur de privilèges, chacun cherche à en être le bénéficiaire. Le citoyen devient dépendant de la subvention, de l’aide, du “cadeau” politique. Et chaque cadeau est financé… par son propre argent.
Le collectivisme vous enlève la parole, il remplace la démocratie directe par la surreprésentation. Il vous fait voter pour ceux qui décideront comment utiliser votre argent, et prétend le faire pour votre bien.
Quand le marché régule l’économie, chaque euro dans votre poche représente un vote direct. Vous n’aimez pas une entreprise ? Vous cessez d’acheter ses produits. La sanction est direct. Mais quand l’État devient monopole et finance ses services de force via l’impôt, votre pouvoir de choix disparaît. Vous n’avez plus de concurrence, plus d’alternative, plus de voix. Les urnes remplacent le libre arbitre, et les promesses remplacent la responsabilité.
Quand un homme politique vous “offre” une aide, souvenez-vous : cet argent vient de votre poche. Vous devenez dépendant de celui qui prétend vous rendre service avec vos propres moyens. C’est l’essence du collectivisme : des individus dépossédés de leur liberté sous prétexte de solidarité.
Le collectivisme décide pour vous à quoi doit servir votre argent et comment vous devez vivre. Et pour se maintenir, l’État fort doit devenir coercitif : coercitif pour votre bien, coercitif au détriment de vos libertés. L’égalité et le but social sert alors de justification à la suppression de la liberté individuelle. Mais pourquoi devrions-nous être contraints de contracter avec des idéologies que nous jugeons néfastes ?
Voter, c’est choisir ses impôts. L’argent est le prolongement concret de la liberté : si l’on vous retire le droit de dépenser, on vous retire le droit de choisir.
Le collectivisme planificateur est une machine bien huilée et polymorphe. Fermez-lui la porte, il entrera par la fenêtre. Il se présente tour à tour comme progressiste, nationaliste, ou social. Mais toujours, il concentre le pouvoir, étouffe l’initiative et remplace la responsabilité par la contrainte.
L’histoire montre que les sociétés commencent souvent à gauche et finissent dans le fascisme. La gauche est une salle d’attente pour le fascisme et le totalistarisme. Seul le libéralisme — c’est-à-dire la limitation stricte du pouvoir de l’État — empêche cette dérive. Sans but collectif, pas de plan coercitif.
Le collectivisme planificateur est un système persuasif, capable de séduire les foules en se réinventant sans cesse. Sa perversité est que les peuples qui en souffrent finissent par demander à l’État de résoudre les problèmes… que l’État a lui-même créés. Comme le disait Einstein : “On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré.”
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