L'escroquerie du socle européen des droits sociaux
Nous sommes en 2017, les Pays-Bas sont sur un petit nuage et connaissent une croissance dynamique avec un PIB qui grimpe de 2,9 %, un niveau de faillite des entreprises historiquement bas et un marché du logement en pleine effervescence porté notamment par l’investissement locatif privé. À cette époque, la liberté contractuelle des indépendants, les fameux ZZP, fait la fierté du pays et tout semble aller pour le mieux.
Mais à la même période, l’Union européenne décide de mettre en place sa nouvelle grande politique, le Socle européen des droits sociaux, qui est un cadre de principes communs destinés à garantir des conditions de vie justes et égales à tous les citoyens de l’Union. Les États membres sont fortement encouragés à transcrire ces principes dans leurs lois nationales et, en bon élève, le gouvernement néerlandais s’exécute en lançant une série de réformes majeures pour s’aligner sur Bruxelles.
Le gouvernement néerlandais a d’abord entamé une requalification massive du statut d’indépendant via la loi Wet DBA afin de répondre au principe du socle européen exigeant des emplois sûrs et la fin de la précarité supposée des freelances.
Dans un second temps, les Pays-Bas ont imposé une augmentation brutale du salaire minimum de plus de 10 % d’un coup, suivie d’indexations automatiques, en réponse directe aux directives sur le niveau de vie décent.
Enfin, le gouvernement a appliqué une politique stricte de contrôle des loyers en écho à l’article concernant le logement social.
Le résultat de ces mesures est sans appel puisque quelques années plus tard, les Pays-Bas sont en train de sombrer avec une croissance au ralenti et un PIB qui stagne péniblement à 0,6 %.
Suite à l’application de ces directives, le nombre de faillites d’entreprises a explosé de plus de 30 %, touchant particulièrement les commerces, la construction et les services. Dans des secteurs comme la santé ou l’IT, des milliers de contrats freelances sont gelés car les entreprises ont peur des amendes et des requalifications forcées en salariés, brisant ainsi la flexibilité qui faisait la force du modèle néerlandais.
Du côté de l’immobilier, le constat est tout aussi catastrophique avec une crise du logement qui fait rage et un nombre de biens disponibles à la location dans le secteur libre qui a chuté de 35 %. Un rapport de 2024 estime que plus de 37 000 logements locatifs ont été vendus par leurs propriétaires pour devenir des résidences principales, conséquence mécanique de l’encadrement des loyers qui fait fuir les investisseurs. On ne peut pas dire que Bruxelles a écrit la loi néerlandaise mot pour mot, mais le Socle européen a créé une obligation de résultat qui a forcé la main ou servi d’alibi idéal au gouvernement.
Ce qui se passe aux Pays-Bas est un avertissement pour nous tous et prouve que les décisions politiques peuvent détruire un environnement économique très rapidement. Mon objectif avec cette chaîne est justement de vous donner les clés pour comprendre ces mécanismes, devenir autonomes et protéger votre liberté financière. Si vous voulez aller plus loin, je vends mes tutoriels et analyses approfondies sur Patreon où vous pouvez vous abonner pour 5 dollars par mois ou acheter mes collections d’articles à l’unité. C’est le meilleur moyen de soutenir mon travail, de m’aider à financer mes projets et de récupérer de la valeur pour votre propre indépendance, le lien se trouve juste en dessous dans la description. Mon contenu gratuit restera gratuit quoi qu’il arrive.
Maintenant, revenons au fond du problème car l’exemple des Pays-Bas nous montre l’incidence directe de la planification économique sur nos vies. L’Union européenne est devenue une machine de destruction planifiée de l’économie où nos parlementaires pensent pouvoir jouer à Dieu et organiser la vie de centaines de millions de personnes. Tout cela repose sur un concept clé qui est un véritable totem de la gauche, la justice sociale ou justice distributive.
Dans un État de droit sain, la logique est celle de la justice commutative, une justice aveugle qui traite chaque individu de manière égale face à la loi sans se soucier de sa richesse ou de sa puissance. À l’inverse, la justice distributive ne s’intéresse pas aux règles mais au résultat, voyant la société comme un gâteau qu’il faut bien partager pour instaurer un ordre social jugé équitable par l’État.
Le problème, comme l’explique Friedrich Hayek, c’est que pour obtenir des résultats identiques chez des gens différents, il faut nécessairement les traiter différemment. Pour distribuer de manière juste les richesses, l’État doit interférer dans la vie intime des gens, briser des contrats libres et prendre aux uns pour donner aux autres.
Pour bien comprendre, prenons l’image du Code de la route expliquée par Hayek. La justice commutative est comme le Code de la route classique où les règles sont les mêmes pour tout le monde, on s’arrête au rouge et on respecte la priorité, sans que ces règles ne cherchent à décider où vous allez ni quand vous arrivez, servant juste à rouler sans accident. La justice distributive, elle, serait un Code de la route qui veut que tout le monde arrive à la même heure, obligeant l’État à donner des voies réservées à certains ou à interdire la route à d’autres, voir même à dire aux gens où ils doivent aller, transformant la circulation libre en gestion de trafic centralisée.
La justice ne dit plus au individus ce qui est interdit, elle définit maintenant ce qu’ils doivent faire, et elle s’octroie le droit de définir les devoirs de la société. La société tout entière passe donc dans une logique de résultats, et pour l’individu ça change tout. La justice ne devrait concerner que la conduite humaine.
Aux Pays-Bas, c’est exactement ce qui s’est passé, on ne s’est plus contenté de dire de respecter les contrats, on a voulu forcer le résultat sur les salaires, les loyers et les statuts. En passant d’un modèle qui interdit de nuire à un modèle qui oblige à agir pour le bien commun, le législateur s’immisce partout et la loi abstraite devient un outil de gestion politique.
Pour Hayek, c’est la route vers la servitude car quand la volonté politique piétine les règles de droit stables, l’individu ne peut plus prévoir l’avenir ni agir librement, dépendant alors du caprice d’un planificateur qui serait sûrement incapable de gérer correctement une simple boulangerie.
Ce glissement de la Loi vers la législation est d’autant plus dangereux qu’il forge l’arme absolue pour les pires totalitarismes. En acceptant que le droit ne serve plus à protéger l’individu mais à piloter la société vers un but collectif, on offre aux gouvernements le pouvoir terrifiant de décider qui mérite de vivre et de prospérer en fonction de son utilité pour le plan national.
L’histoire du vingtième siècle nous a montré où mène cette logique : que ce soit en URSS au nom de l’avenir radieux du prolétariat, ou sous le fascisme au nom de la grandeur de la Nation, la mécanique fut la même. Ces régimes n’ont pas supprimé l’administration, ils l’ont utilisée pour légaliser la spoliation et l’élimination de ceux qui ne rentraient pas dans le moule de la justice distributive d’État, prouvant que lorsque l’autorité s’arroge le droit de distribuer les ressources selon ses propres fins, la liberté s’éteint pour laisser place à l’arbitraire le plus total.
C’est précisément cette dérive qui rend la trajectoire actuelle de l’Union européenne si alarmante, car elle est en train d’installer un piège à double détente pour nos libertés. D’un côté, en imposant cette planification centralisée, elle engendre inévitablement des crises économiques majeures comme celle que subissent les Pays-Bas, or l’histoire nous a maintes fois prouvé que c’est toujours sur les décombres de la prospérité et dans la détresse sociale que naissent les appels à l’homme providentiel et au régime fort. Mais le péril est encore plus insidieux dans sa structure même : en remplaçant l’État de droit par un État de gestion, l’Union européenne est en train de construire et de roder toute l’infrastructure légale nécessaire à l’autoritarisme. Elle forge méticuleusement les outils de contrôle et de coercition économique qu’elle sert finalement sur un plateau d’argent à n’importe quel futur pouvoir mal intentionné, qui n’aura alors plus qu’à se saisir de cet appareil législatif omnipotent pour imposer sa volonté sans plus rencontrer la moindre barrière institutionnelle.
Ce qu’il faut saisir, c’est que les idées de gauche, le socialisme et le fascisme ont un ADN commun. Ce sont des politiques collectivistes qui nécessitent un État ultra-interventionniste pour fonctionner, ce qui mène inévitablement à l’oppression de la majorité au profit d’une minorité. N’attendez donc aucune issue favorable venant de ces groupes politiques. J’analyse ce mécanisme en détail dans une autre vidéo.
Le libéralisme est l’énnemi commun de ces idéologies, car, le libéralisme n’est pas la loi du plus fort mais au contraire une manière de redonner du pouvoir à ceux qui en ont le moins en leur offrant des alternatives plutôt que des dépendances. C’est un État qui arbitre et non un État qui joue la partie à votre place. Une société qui place l’égalité avant la liberté n’aura ni l’une ni l’autre, alors qu’une société qui place la liberté avant l’égalité aura une grande part des deux.
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